Mardi 26 février 2008
A El Bolson, je suis parti seul en montagne pendant 4 jours. C'était fatiguant mais ce n'était quand même pas de la survie, je m'arrêtais dans des refuges pour dîner et dormir; par contre, j'allais aussi vite que possible.

Le premier jour, fidèle à mon habitude, je suis parti très tard. Un bus m'a amené au pied d'un chemin, loin de la ville, et je me suis lancé. Un panneau m'annonce que l'heure du dernier départ conseillé pour ma destination est 17h. Je regarde ma montre, il est 18h30, ce n'est pas grave, allons-y, on va mettre le turbo.

Après une courte marche, j'arrive au vrai début de la randonnée: deux ponts suspendus un peu délabrés. Ca met bien dans l'ambiance.




On va vite passer sur l'heure et demi de marche qui suit, en m'approchant du but je longe une rivière aux eaux turquoises.
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Je finis par traverser une passerelle qui enjambe un petit précipice; la rivière, encaissée, coule au fond: c'est ce qu'on appelle el cajon de l'azul.






J'arrive au refuge, où je retrouve un monsieur rencontré à l'auberge dans laquelle j'étais, avec lequel je bois force mates. J'ai fait en deux heures un chemin signalé avec un temps indicatif de 4 heures. Je suis fier de moi, jusqu'à ce que je me rende compte que dans ce refuge il y a quand même beaucoup de familles avec enfants.
Comme je n'ai pris ni ma tente ni de la nourriture pour m'alléger (par contre, je fais la randonné en jean étroit et j'emmène avec moi mon blouson de moto qui pèse trois tonnes), je paye mon repas plato fuerte et une nuit sur une paillasse. Ca me coute dans les 12 euros, ce qui est quand même une belle somme.

Le lendemain avant de partir, je prends le temps de photographier cette montagne envahie d'arbres qui en veulent, perchés à des endroits invraisemblables.




Bon allez c'est pas tout ça, on est partis. Hopopop. Je fais une petite pause à un autre refuge, El Retamal, que j'ai la présence d'esprit de photographier avant d'entreprendre le gros du trajet de la journée. Les refuges autour d'El Bolson, ça ressemble à ça.


Sur le chemin, je franchis plusieurs clôtures et je me demande à quoi elles servent. Le sentier traverse plusieurs fois la rivière, et une infrastructure de pointe nous permet de ne passer sans nous mouiller.




Au bout d'un moment, je finis par comprendre la raison d'être des clôtures: ce sont des bovins qui paissent en liberté dans la montagne. Ils y sont parfaitement acclimatés, et ont acquis un certain sens du camouflage. Saurez-vous trouver celui qui se cache sur cette photo?


Il y en a des troupeaux entiers, et elles s'enfuient dès qu'on s'en approche. Heureusement d'ailleurs, vue la taille des bêtes. A un moment, je croise un groupe de gens qui vient par les broussailles. Ils m'expliquent que le chemin est bien devant moi, mais qu'ils ont fait un détour pour éviter un taureau. Je décide de tenter ma chance et de continuer sur le chemin: elle ne me fait pas faux-bond, le taureau me regarde puis s'enfuit aussi. Après coup, je me demande si ce n'est pas une vache, finalement.

Mais il n'y a pas que des zanimals, en montagne; il y a aussi des jolies fleurs. Celle-là m'a particulièrement plu.



Il y a beaucoup moins de monde sur ces chemins qu'à El Chaltén. Forcément, il n'y a pas d'attractions de renommée mondiale dans ces montagnes; pendant la journée, j'aurai croisé deux froupes de personnes, et j'aurai dépassé un gars et un couple, seules personnes qui vont à Laguitos, ma destination pour la journée. Là aussi j'ai bien foncé, et j'arrive tout guilleret au refuge, avec une avance considérable sur le temps indiqué.



Au refuge, je discute avec des jeunes qui s'occupent de faire des travaux pour préparer la construction d'une nouvelle cabane, qui remplacera l'actuelle. Un des gars est fan du pays basque es'amuse de la réputation des gens de Bilbao, très fiers. Il me sort d'ailleurs quelques Bilbainadas, des blagues sur les prouesses que les gens de Bilbao sont capables de faire.

Je prépare ma prochaine étape: je voudrais aller à un endroit appellé Hielo Azul, le problème est qu'il faut repasser par cajon del azul, et que normalement ça se fait en deux jours. Comme je n'ai pas envie de repasser une nuit à cajon, je me propose de faire tout ça en un jour. Les gens du refuge me disent que ça va être dur, surtout que le chemin cepuis cajon del azul à Hielo Azul est très escarpé et se fait plutôt dans l'autre sens. Malgré tout, j'ai envie d'essayer. après tout, je suis de Bilbao.

par Jean-Paul
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