Mercredi 20 février 2008
Voilà bien le trajet le plus pesant que j'aie fait depuis le début de mon voyage: dans les 40 heures de bus, donc deux nuits á la suite, avec quelques pauses pour se restaurer. Je n'ai pas grand-chose á en raconter à part qu'il fallait s'asseoir sur le confort (siéges de type scolaire avec peu de place pour mes jambes), que le temps était long et que la vue était plutôt agréable. Comme je n'avais pas mis mes lentilles, je prenais des photos pour en voir les détails sur l'écran de mon appareil.





J'avais quitté mes compagnons de voyage, et je m'étais retrouvé à côté d'un groupe d'Israëliens plutôt désagréables... il va falloir que je tienne le compte pour faire mes statistiques personnelles.
Il y a quand même eu quelques rencontres agréables, comme celle d'un photographe portraitiste argentin pour lequel son métier était une passion et qui faisait des portraits de tout le monde avec un appareil d'une autre galaxie.

Chose marrante: à un moment, au milieu de nulle part, le chauffeur arrête le bus pour qu'on descende profiter du paysage et prendre des photos. Je n'imaginais pas que ca pouvait arriver sur une ligne régulière. Ca donnait ca:




Après, forcément, on a fini par arriver. 5 heures du matin, ville inconnue; mais c'est un autre article.

par Jean-Paul
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Jeudi 14 février 2008
El Chaltén, c'est un peu El Calafate d'il y a 10 ou 15 ans. Le village est petit, il y a pas mal de constructions en bois, les rues sont en terre, les touristes sont moins nombreux et plus baroudeurs; les sentiers sont très fréquentés, mais ça reste tout à fait vivable, et il suffit de sortir un peu des gros chemins pour se retrouver seul. Cependant, les prix sont élevés, il y a des constructions un peu partout et  les rues sont en train d'être préparées pour être goudronnées, donc dans 10 ans tout ça sera fini; c'est bien d'en profiter en ce moment.

Une chose remarquable est qu'avant d'arriver au village, tous les bus s'arrêtent à l'office des gardes forestiers, où l'on fait une présentation de l'endroit à tout le monde, ainsi qu'une sensibilisation au respect de l'environnement et aux règles de sécurité. Les gardes forestiers sont nombreux et professionnels.
Ces mesures sont plutôt efficaces, pendant mon séjour là-bas je n'ai presque pas remarqué de saletés dans la nature, ni de grosses dégradations.
Malgré tout, il y a quelques accidents, et par exemple sur un des chemins  près du village, on peut admirer ce monument au touriste distrait, qui a été réalisé par un mégot mal éteint.

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Nous avons passé la plupart du séjour là-bas à dormir dans des tentes, parfois en camping équipé, parfois dans un campement en pleine nature. C'était très sympa, mais parfois un peu effrayant à cause du vent très violent qu'il peut y avoir à cet endroit. Je me souviens notamment d'une nuit durant laquelle la tente était constamment secouée et soulevée, et où l'on a entendu un arbre tomber à quelques dizaines de mètres.

Dans le camping d'El Chalten, nous avons aussi vu d'autres types de voyageurs, comme par exemple  tout un groupe d'anglais à l'organisation militaire et aux pantalons de trekking impeccables, même après une journée de "marche" , qui voyageait dans une sorte de camion-bus. Nous avons aussi cotoyé un groupe de français qui faisait un tour express et organisé de l'Argentine, deux motards Guyanais qui  font le tour de l'Amérique du Sud et qui m'ont invité chez eux (c'est bête que j'aie perdu l'adresse),  et un couple qui s'est lancé le défi de faire le trajet Ushuaïa-Alaska en... 3 chevaux. Je ne savais même pas que ça existait, ce truc.

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Je continue à voir beaucoup d'Israëliens, la plupart d'entre eux reste en groupe et n'est pas trop ouvert aux nouvelles rencontres, certains sont carrément irrespectueux et casse-bonbon, et d'autres sont carrément ouverts à la rencontre, et intéressés par la culture du pays. L'Israëlien qui parle espagnol est une denrée très rare. J'ai aussi croisé plusieurs argentins, qui habitent la plupart du temps à Buenos Aires. Je devrais en revoir quelques-uns là-bas.
J'ai beaucoup aimé cet endroit et j'y ai fait pas mal de ballades, que ce soit avec ou sans tout le barda pour camper sur place. C'est un peu dommage qu'il n'ait pas fait très beau pendant mon séjour, et le vent était carrément fatigant (même le fait de marcher le long de la rue principale du Chalten pour faire les courses était parfois pénible, avec toute la terre et les cailloux qui volaient), mais on s'en amusait, et lorsqu'il faisait moche on se consolait en faisant des grillades énormes, avec tous ceux qui voulaient se joindre à nous.

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A gauche, Fabian, un suisse que je surnommerai Max Gyver pour tout le matériel qu'il avait avec lui. A droite, Mark.

Depuis El Chalten, on pouvait voir une montagne qui me semblait soutenir un glacier à la manière d'une coupe:
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On la retrouve dans cette photo. Au milieu au fond, caché par les nuages: le Fitz Roy. En bas à droite: El Chaltén.
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Cette photo est à peu près la continuité de la précédente.
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Pour finir et parce que j'ai déjà beaucoup écrit, voici quelques photos  prises du même endroit.

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par Jean-Paul
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Lundi 11 février 2008
Nous avions décidé de faire une randonnée. Lever aux aurores donc, on se débarbouille, on prend un petit déjeuner et on fait deux ou trois choses absolument indispensables. A 15 heures donc, nous sommes prêts à partir.


La première montée est un peu longuette mais elle nous permet d'apprécier la vue de la vallée en contrebas:
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Nous arrivons ensuite à un mirador. Nous sommes jeunes, nous sommes beaux, nous avons de l'avance sur le temps indicatif de randonnée, nous prenons une photo.
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De gauche à droite: Mark. Alejandra, ma pomme et Evangelina. Derrière nous, le mont Fitz Roy.

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On continue, on continue, puis les deux filles  nous quittent: elles doivent revenir au village pour rentrer à El Calafate avant la nuit. Nous sommes environ à mi-chemin.
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Mark et moi finissons par arriver à un campement juste avant le cerro Fitz Roy, puis à un croisement: d'un côté le cerro, de l'autre: glaciar Piedrasblancas. "Tiens, ce chemin n'est pas sur la carte". Il est 18h, nous sommes motivés, nous y allons.
Après un moment sans croiser personne et avec pas mal de hors-sentier puis de sauts sur des rochers, nous arrivons au glacier. Nous sommes seuls, tout est calme, nous nous attardons.
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Nous revenons au croisement: 19 h30. Il y a une heure et demie de montée au cerro Fitz Roy, puis une heure de descente et deux heures et demie avant de retourner au Chalten. Bon, nous sommes fatigués mais nous sommes de Bilbao (oui, Mark aussi, les gens de bilbao naissent là où ils veulent); en se pressant on devrait pouvoir rentrer avant la tombée de la nuit.
La dernière montée est très escarpée, lorsqu'il y a beaucoup de vent il est recommandé de ne pas l'emprunter. Sur la photo en petit, on voit Mark. Il qui fumait encore quelques jours auparavant, et a un peu plus de mal que moi mais il ne pouvait pas laisser un mangeur de grenouilles voir quelques chose qu'il ne verrait pas.
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Nous sommes les seuls fous à monter aussi tard, même les gens du campement sont descendus dîner. Nous voilà devant la laguna de los tres.
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En marchant un peu vers la gauche, nous surplombons alors la laguna sucia. De là-bas, nous voyons trois condors prendre leur envol. Un moment magique.
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Bon! Il est temps de redescendre. Petite pause au campement où on nous fait don de boisson énergétique et d'encouragements, et on entame le retour. Sur le chemin, nous sommes étonnés de dépasser un gars chargé comme un mulet. Nous lui demandons s'il a besoin d'aide, il nous répond que non, tout va bien.
Nous arrivons à El Chalten à la tombée de la nuit, crevés mais satisfaits.

Pour changer de la tente nous logeons dans une auberge. Nous y retrouverons le gars que nous avons dépassé sur le chemin. Il s'appelle Marius, c'est un alpiniste et guide de montagne brésilien; il est venu faire de l'escalade sur le Fitz Roy. Il nous raconte qu'après qu'on l'ait dépassé il s'est retrouvé confronté à un puma, qui s'est tout d'abord approché de lui sur le chemin, puis qui s'est mis à l'affût à quelques mètres du sentier. Normalement les pumas n'attaquent pas les humains, mais celui-ci avait l'air bien agressif. Marius a tenu son sac à dos au-dessus de sa tête, puis il est passé en courant. Le puma l'a laissé filer, et Marius a fini son retour à la lumière d'une lampe frontale.

Grosse journée
par Jean-Paul
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