Lundi 10 mars 2008
Comme je l'ai dit dans un épisode précédent, je suis arrivé à El Bolsón un matin, très tôt. Un des premiers contacts que j'ai eus dans cette ville a été avec des espèces de monstres préhistoriques qui poussent des cris effrayants. Il faisait nuit. Quand le soleil s'est levé, en fait, ils ressemblaient à ça:



Ce sont un peu leurs pigeons à eux. Quand on s'approche, tout d'abord ils nous menacent du regard, puis si on a le courage de continuer ils s'éloignent à contrecoeur. Lorsqu'ils vont jusqu'à s'envoler pour s'éloigner, ils le font en poussant des cris que je n'aurais jamais cru entendre de la part d'oiseaux, quelque chose entre le cochon qu'on égorge et la sirène des pompiers. Non en fait je ne m'en souviens pas précisément, mais c'est très bizarre.
Il y avait pas mal d'oiseaux dans la ville, que je sais pas qu'est-ce que c'est.



Je suis arrivé seul, puis petit à petit j'ai rencontré du monde et j'ai retrouvé d'autres voyageurs que j'avais connus à Ushuaïa. J'ai passé pas mal de temps à me ballader, à lézarder, à refaire le monde et à me faire des grosses bouffes.

Par exemple, j'ai eu le privilège de voir la cascada escondida, majestueux prélude aux chutes d'Iguazu.



Vue comme ça elle a l'air petite, mais elle fait au moins 10*koffkoff*ètres.

J'ai aussi passé beaucoup de temps le nez en l'air, les nuages nous offraient tout plein de configurations que je ne vois pas d'habitude.







El bolsón est connue comme étant une ville de hippies. L'idée est plutôt sympa, sauf que les hippies de là-bas ont tous une carte gold et n'ont d'hippie que le nom. C'est même difficile de trouver de l'herbe là-bas, c'est dire. J'ai parlé à plusieurs habitants du coin qui avaient une mauvaise opinion des hippies d'el Bolsón parce qu'ils les trouvaient faux et cupides. Je n'y ai pas vraiment été confronté directement, alors je ne vais pas émettre de jugement là-dessus. Le bon côté était que l'ambiance était détendue en ville et qu'il y avait toujours du monde qui jouait de la musique un peu partout.

Je me rends compte que je n'ai pratiquement pas pris de photos qui montrent à quoi ressemblent les villes dans lesquelles je vais. Je suppose que je n'en ai pas le réflexe, c'est beaucoup plus facile de faire des photos réussies en photographiant la nature ou des paysages.

Par exemple, depuis El Bolson, on pourait voir le mont Piltriquitron. J'ai arbitrairement décidé qu'il était beaucoup plus joli à voir de loin que depuis son sommet, alors je n'y suis pas monté.











Comme j'ai dit, on se faisait des grosses bouffes où chacun participait. Je suis resté fidèle à mon principe de fainéantise, mon rôle était de dire aux autres ce qu'ils devaient faire. Ca marchait très bien... ça doit être ma voix. Ou bien mes sourcils, je ne sais pas.


Les trois premiers sur la gauche sont Amir, Tal et Oded, trois Israëliens rencontrés à Ushuaïa. Je les ai revus à el Chaltén, puis ensuite à Bariloche. Ce sont des bons vivants qui fuient les groupes de leurs compatriotes pour se mêler aux autres voyageurs. Ils ont même fait des efforts pour apprendre un peu d'Espagnol, et je peux vous dire que c'est rare.
Le mec au fond à gauche, la nana asiatique à droite et le mec juste avant elle voyageaient ensemble, je les ai rencontrés à el Bolson. Je ne donen pas plus de détails pour ne pas encombrer vos mémoires.
Le premier mec à droite est le veilleur de nuit de l'auberge dans laquelle nous étions. Son activité principale est professeur d'histoire et il travaillait à l'auberge pour un petit salaire (200 euros/mois), histoire d'arrondir ses fins de mois et d'avoir un logement gratuit; l'avantage, c'est qu'il pouvait travailler en dormant, ikl devait juste être présent pour le cas où on aurait besoin de lui. Nous avons passé pas mal de temps à parler de l'histoire et de la politique de l'Argentine; évidemment, c'était surtout lui qui parlait.

J'ai passé des moments très agréables là-bas, ce qui m'a fait prolonger mon séjour. quand est venu le moment de partir, Mark (qui m'a rejoint entre-temps) et moi avins décidé de faire du stop pour San Carlos de Bariloche. Malgré notre bonen volonté et nos bouilles d'anges, notre tentative peut se résumer par cette image.



Nous avons donc pris le bus.
par Jean-Paul
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Jeudi 28 février 2008
Le lendemain matin à six heures, non, à sept heures, bon d'accord, à huit heures, je me lève pour profiter du plus grand nombre d'heures de jour possible. En comptant mes deniers, je me rends compte qu'il me reste juste assez d'argent pour manger et dormir la nuit qui vient. Et comble de malchance, il n'y a pas un distributeur de billets à l'horizon... me voilà fort marri.
Heureusement, il m'a suffi de chouiner un peu pour que le tenancier du refuge m'offre de bon coeur une tartine de confiture et un grosse brique de pain maison pour le repas. C'est un pain bien consistant, certains s'en servent pour faire les joints. Il voulait aussi me donner du fromage pour compléter, mais je n'ai pas voulu abuser: c'est assez chiant de monter les victuailles sur le dos à partir de la ville.

En versant une petite larme pour l'aubergiste qui sans façons m'a donné quatre bouts de pain quand dans ma vie il faisait faim, je suis reparti. Le retour jusqu'à cajon del azul a été plus facile que l'aller, vu que là la tendance était à la descente; par contre, je mesurais plus mes efforts. près du cajon, j'ai voulu garder un souvenir de cette passerelle fort sympathique, sur laquelle je ne faisais pas le malin.


Hopopop, c'est pas tout ca, j'arrive à cajon, et je m'achète du paté de foie pour compléter mon repas de pain. Ce n'est pas grave, ce soir je mangerai des cailloux. Chose marrante, le paté de foie s'est bien exporté en Argentine; d'ailleurs, l'inscription est en francais sur la boite.

Trêve de babillages, il faut repartir. La plus grosse partie de mon parcours m'attend. Ca commence assez vite par une très grosse montée sous un soleil de plomb, un dénivellé de mille cinq cents mètres dans lequel je suis forcé de faire beaucoup de pauses, essoufflé et avec le coeur qui tambourine. Je ne suis peut-ëtre pas tant de Bilbao que ca, finalement. Heureusement, en chemin j'ai trouvé deux bons poteaux sur lesquels je peux compter, et qui m'aideront pendant la montée. Une fois en haut, je les remercie et prends une photo souvenir de ces vieilles branches.


Le plus dur est passé, là il n'y a pratiquement plus qu'à mettre machinalement un pied devant l'autre et faire de la distance. Heureusement, parce que je suis lessivé. Sur le chemin, je trouve beaucoup de petites boules de fils, et je ne comprends pas d'où ca vient.



Au bout d'un moment, je finis par lever la tête, ce qui me permet d'élucider ce mystère. Il s'agit d'un parasite accroché sur presque tous les grands arbres.


J'arrive au refuge du lago natacion, dans lequel j'achète un paquet de pâtes. Comme ca, il me restera assez pour m'acheter un bout de pain demain matin. Heureusement que l'eau des rivières est potable...
On me conseille de profiter que je suis là pour aller voir une grotte creusée dans un petit glacier par un ruisseau. Pourquoi pas.


Sur le dernier morceau du parcours, une grosse surprise m'attend: une grosse descente très pentue. Il faut faire pas mal d'efforts pour ne pas glisser ou tomber en avant, et je fais autant de pauses que pendant la montée. Là je n'en peux vraiment plus, et ca n'en finit pas. Enfin si, ca finit quand même par se terminer. A priori, je ne suis plus très loin. J'apercois un paysage digne d'une carte postale suisse.



J'arrive au refuge où je m'écroule; je l'ai fait! Content, le Jean-Paul. Bon, il est temps de s'occuper de ce corps qui se plaint. C'est qu'en plus je suis allé au glacier torse-nu, mes hauts étant trempés de sueur. Oh oui, je ne me sens pas très bien... bon, on mange et au lit. Ah tiens, mais qu'est-ce que c'est que ce trou? Si vous trouvez, dites-le-moi.




Pour le retour depuis hielo azul, c'est peu de montée et beaucoup de descente, aye, mes genoux. Ca se passe tant bien que mal, je crois que ce n'est pas un chemin particulièrement rude mais j'ai quand même du mal. Arrivé tout près de la fin, j'arrive à me paumer dans des petits sentiers, mais quand au bout d'une demie-heure j'arrête de faire ma mule pour rebrousser chemin jusqu'â l'endroit où je me suis trompé, tout va mieux. Le chemin finit avec un autre pont suspendu encore plus délabré que les précédents; il était marrant à traverser.




Après cela, bon, j'arrive a un camping loin de la ville, la route principale est à 2-3 kilomètres, grosse montée, c'est dur mais on y arrive. Des jeunes me prennent assez vite en stop, et je reviens à El Bolson, très content de cette randonnée.

Deux heures après, alors que je partage un taxi avec des inconnus pour aller chercher les affaires que j'ai laissées avant la randonnée, une des nanas me donne spontanément son numéro en me demandant de l'appeller. Comme quoi, les mecs heureux, même s'ils sont crevés, sales, débraillés et qu'ils sentent mauvais, ca plaît aux femmes.
par Jean-Paul
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Mardi 26 février 2008
A El Bolson, je suis parti seul en montagne pendant 4 jours. C'était fatiguant mais ce n'était quand même pas de la survie, je m'arrêtais dans des refuges pour dîner et dormir; par contre, j'allais aussi vite que possible.

Le premier jour, fidèle à mon habitude, je suis parti très tard. Un bus m'a amené au pied d'un chemin, loin de la ville, et je me suis lancé. Un panneau m'annonce que l'heure du dernier départ conseillé pour ma destination est 17h. Je regarde ma montre, il est 18h30, ce n'est pas grave, allons-y, on va mettre le turbo.

Après une courte marche, j'arrive au vrai début de la randonnée: deux ponts suspendus un peu délabrés. Ca met bien dans l'ambiance.




On va vite passer sur l'heure et demi de marche qui suit, en m'approchant du but je longe une rivière aux eaux turquoises.
.


Je finis par traverser une passerelle qui enjambe un petit précipice; la rivière, encaissée, coule au fond: c'est ce qu'on appelle el cajon de l'azul.






J'arrive au refuge, où je retrouve un monsieur rencontré à l'auberge dans laquelle j'étais, avec lequel je bois force mates. J'ai fait en deux heures un chemin signalé avec un temps indicatif de 4 heures. Je suis fier de moi, jusqu'à ce que je me rende compte que dans ce refuge il y a quand même beaucoup de familles avec enfants.
Comme je n'ai pris ni ma tente ni de la nourriture pour m'alléger (par contre, je fais la randonné en jean étroit et j'emmène avec moi mon blouson de moto qui pèse trois tonnes), je paye mon repas plato fuerte et une nuit sur une paillasse. Ca me coute dans les 12 euros, ce qui est quand même une belle somme.

Le lendemain avant de partir, je prends le temps de photographier cette montagne envahie d'arbres qui en veulent, perchés à des endroits invraisemblables.




Bon allez c'est pas tout ça, on est partis. Hopopop. Je fais une petite pause à un autre refuge, El Retamal, que j'ai la présence d'esprit de photographier avant d'entreprendre le gros du trajet de la journée. Les refuges autour d'El Bolson, ça ressemble à ça.


Sur le chemin, je franchis plusieurs clôtures et je me demande à quoi elles servent. Le sentier traverse plusieurs fois la rivière, et une infrastructure de pointe nous permet de ne passer sans nous mouiller.




Au bout d'un moment, je finis par comprendre la raison d'être des clôtures: ce sont des bovins qui paissent en liberté dans la montagne. Ils y sont parfaitement acclimatés, et ont acquis un certain sens du camouflage. Saurez-vous trouver celui qui se cache sur cette photo?


Il y en a des troupeaux entiers, et elles s'enfuient dès qu'on s'en approche. Heureusement d'ailleurs, vue la taille des bêtes. A un moment, je croise un groupe de gens qui vient par les broussailles. Ils m'expliquent que le chemin est bien devant moi, mais qu'ils ont fait un détour pour éviter un taureau. Je décide de tenter ma chance et de continuer sur le chemin: elle ne me fait pas faux-bond, le taureau me regarde puis s'enfuit aussi. Après coup, je me demande si ce n'est pas une vache, finalement.

Mais il n'y a pas que des zanimals, en montagne; il y a aussi des jolies fleurs. Celle-là m'a particulièrement plu.



Il y a beaucoup moins de monde sur ces chemins qu'à El Chaltén. Forcément, il n'y a pas d'attractions de renommée mondiale dans ces montagnes; pendant la journée, j'aurai croisé deux froupes de personnes, et j'aurai dépassé un gars et un couple, seules personnes qui vont à Laguitos, ma destination pour la journée. Là aussi j'ai bien foncé, et j'arrive tout guilleret au refuge, avec une avance considérable sur le temps indiqué.



Au refuge, je discute avec des jeunes qui s'occupent de faire des travaux pour préparer la construction d'une nouvelle cabane, qui remplacera l'actuelle. Un des gars est fan du pays basque es'amuse de la réputation des gens de Bilbao, très fiers. Il me sort d'ailleurs quelques Bilbainadas, des blagues sur les prouesses que les gens de Bilbao sont capables de faire.

Je prépare ma prochaine étape: je voudrais aller à un endroit appellé Hielo Azul, le problème est qu'il faut repasser par cajon del azul, et que normalement ça se fait en deux jours. Comme je n'ai pas envie de repasser une nuit à cajon, je me propose de faire tout ça en un jour. Les gens du refuge me disent que ça va être dur, surtout que le chemin cepuis cajon del azul à Hielo Azul est très escarpé et se fait plutôt dans l'autre sens. Malgré tout, j'ai envie d'essayer. après tout, je suis de Bilbao.

par Jean-Paul
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