Dimanche 3 février 2008

Bon, autant le dire tout de suite: pour moi cette ville n'est pas très jolie.
Ca, c'est fait. 

C'est une ville assez éparpillée, très touristique, située le long du canal de Beagle, et qui regroupe en un point les ports, les commerces et les hôtels et auberges. Partout autour, y compris de l'autre côté du canal, on retrouve des montagnes qui sont plutôt belles. Beaucoup de rues ont une très forte pente, et c'est comme si la ville était découpée en plusieurs niveaux.
Presque tous les jours, on voit un ou plusieurs énormes bateaux débarquer; une bonne partie d'entre eux emmènent des touristes fortunés en croisière en Antarctique. Ces croisières sont hors de prix (à partir de 3500 euros pour 10 jours), donc j'avais dans l'idée de me renseigner sur les possibilités de travail sur un de ces monstres. J'ai rencontré un anglais et un canadien qui avaient le même objectif, apparemment on est nombreux à essayer. Nous avons récolté pas mal d'adresses que je vais tenter d'exploiter dans la suite de mon voyage, mais pas d'opportunité de travail. Le canadien, Ray Ho, a craqué et s'est acheté un billet de dernière minute. Il me racontera ça à son retour.

J'ai passé pas mal de temps avec des voyageurs rencontrés dans les hostels; une vraie vie de communauté. Un truc qui m'a surpris est que dans les trois hostels que j'ai visité, il y avait une bonne moitié d'israéliens; ce n'est pas mal pour un pays avec 7 millions d'habitants, ce n'est pas mal.

J'ai visité l'ancien bagne d'Ushuaïa; c'est un endroit charmant, où il devait vraiment faire bon vivre. Les conditions étaient si extrêmes dans la région que les autorités s'étaient contenté de mettre un simple grillage autour.

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Vers la fin de mon séjour là-bas, je me suis quand même dit que ce serait dommage de partir sans visiter un peu les alentours; je suis donc monté jusqu'à un glacier dont j'ai oublié le nom. Nous l'appellerons donc Le Glacier. Ca me donne l'occasion de vous montrer Ushuaïa, mais de loin alors.

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Lors de la descente, il s'était mis à pleuvoir, j'ai perdu le chemin et j'ai failli me casser des trucs en faisant un semblant d'escalade, mais c'était sympa.
Contrairement au moment de mon arrivée, où il faisait beau et chaud, le temps s'est sérieusement gâté et je n'ai pas eu la motivation d'aller au parc national; pas de jolies photos de là-bas, donc. Pour compenser, je vous présente des "Lupinos", fleurs typiques de Patagonie. A Ushuaïa, il y en avait de toutes les couleurs dans les jardins des maisons.

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Santiago est parti après deux jours, car il était pressé par le temps; je le reverrai sans doute à un moment ou à un autre; en ce moment je suis à El Calafate, et je voyage avec Mark, l'anglais qui cherchait tout comme moi à travailler sur un bateau croisant vers l'Antarctique. 
par Jean-Paul
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Mercredi 23 janvier 2008
 Avec Santiago, nous avons prévu d'aller à Ushuaïa depuis Trelew.

Premier trajet: Trelew -> Comodoro Rivadavia;  le trajet s'est fait de nuit et on est arrivés à Comodoro vers trois heures du matin; fin de nuit un peu pénible par terre dans la gare routière, puis on essaye de voir les moyens d'aller à Sarmiento, où on peut trouver une forêt d'arbres pétrifiés. Peine perdue, on apprend que les moyens pour y aller sont très limités, qu'on passerait la journée sur la route et qu'on serait ensuite obligés de revenir à Comodoro, sans être sûrs de pouvoir poursuivre le voyage le jour même. Bien fait, on n'avait qu'à se renseigner avant.

On fait donc une croix sur la forêt pétrifiée, et on prend un billet pour Rio Gallegos; prochain bus: 11 heures du soir. Il est 10 heures du matin, on décide donc d'aller explorer la ville. A part une sorte du musée du pétrole qui ne nous intéresse pas franchement, il n'y a pas grand chose à faire, et on part en ballade chacun de son côté, lui le long de la mer, moi dans les collines. Une fois en haut, j'ai une vue imprenable sur la ville et sur la mer, je songe à prendre une photo mais je laisse tomber, ce n'est vraiment pas beau. Dans la journée, j'aurai l'occasion de manger dans le pire restaurant à volonté que j'aie connu, où ils font une sorte de cuisine argentino-chinoise avec des plats piégés qui n'ont pas du tout le goût auquel on s'attend.

A 23 heures donc, deuxième trajet: Comodoro Rivadavia -> Rio Gallegos. On arrive vers 7 heures du matin et on attend un peu que les guichets ouvres. Là, on découvre qu'il n'y a que trois bus par jour pour Ushuaïa, qu'ils partent à 8 et 9 heures du matin, qu'il n'y a plus de place pour aujourd'hui, et que si on est pas contents c'est pareil.
Heureusement, pendant son voyage Santiago s'était fait un copain qui habite la ville: Daniel. C'est un garçon très sympathique qui va nous faire visiter la ville, nous héberger pour la nuit, et nous emmener à la gare routière le lendemain matin.

En Argentine globalement, Buenos Aires mis à part, le nord est pauvre et le sud est riche; il y a pas mal d'activité pétrolifère et minières, ce qui ramène pas mal de brouzoufs dans les villes comme Comodoro ou Rio Gallegos. Bizarrement, pendant mon voyage, plus j'allais vers le sud et plus les bus étaient miteux. L'énorme confort du bus qui m'a amené de Buenos Aires à Puerto Madryn me manque un peu.
Depuis Puerto Madryn, le paysage est uniforme, de la pampa à perte de vue: une immensité plaine jonchée ça et là de moutons, de vaches et de quelques chevaux.

Pour le dernier tronçon avant Ushuaïa,  le voyage se fait donc de jour et dure 13 heures. On doit passer par le Chili, ce qui nous fait donc 4 passages frontières; il est formellement interdit de faire passer des produits d'origine végétale ou animale, et j'ai pu voir un français se faire taper sur les doigts parce qu'il essayait de frauder en introduisant une demi pomme.
Ushuaïa est sur une île, "Isla Grande de Tierra del Fuego", et pour l'atteindre il faut franchir le détroit de Magellan sur une grande barge.
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Sur l'île, on a retrouvé avec nostalgie les routes de cailloux, et on est finalement arrivés à Ushuaïa, vantée comme la ville la plus australe du monde. Ce n'est pas tout à fait vrai puisque Puerto Natales se situe plus au sud en territoire chilien, mais on ne va pas s'arrêter sur ce détail.
par Jean-Paul
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Dimanche 20 janvier 2008
Avec Santiago, on a passé deux jours à Trelew. On y a loué une voiture que j'ai été le seul à conduire. Au début, peu familiarisé, j'ai pris un ou deux sens interdits, mais au final je n'ai même pas eu d'accident. Il y a deux ou trois trucs qui peuvent déconcerter: Par exemple, la plupart des feux rouges sont  placés APRES le croisement, et servent aussi de feu pour piétons. Les sens autorisés de circulation ne sont pas signalés par le panneau sens interdit, mais par une ou deux flèches sur les panneaux indiquant le nom des rues. Comme tous les 100 mètres il y a un croisement à angle droit dans les villes, on fait très attention aux endroits où il n'y a pas de feu rouge; les priorités sont assez indéfinies. Enfin, il y a bien des panneaux ronds avec un cercle rouge et un nombre inscrit à l'intérieur, mais ils sont là pour faire joli; souvent, il y a des décalages de plus de 50 km/h entre la limitation et la vitesse des gens. 

Avec notre jolie voiture, on a pu aller à playa Union, faire une sortie en mer pour voir des dauphins de Comerson ou "Tonina Overa". Ce sont des petits dauphins très rapides, qui adorent jouer. Je n'ai pu en prendre que des vidéos, et jusqu'à maintenant il m'a été impossible de les envoyer. Ce sera pour une autre fois.

On a aussi visité le musée paléontologique de Trelew, où on a vu des squelettes fossiles de dinosaures, ainsi que cette ammonite géante qui m'a beaucoup impressionné par sa taille (1m50 de diamètre, je crois)

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Le deuxième jour, un peu pressés par le temps, nous sommes allés à Punta Tombo, où se trouve la plus grande colonie de pingouins de Magellan du continent. La route sur les 30 derniers kilomètres était la même qu'à Peninsula Valdés, à savoir de la pierraille. C'était marrant, ça donne l'impression de faire un rallye.
Effectivement, cette colonie n'avait rien à voir avec celle de Valdés, il y avait des pingouins partout. Interdiction de les toucher ou de sortir du chemin, mais il y en avait souvent qui le traversaient, et à certains endroits on évoluait au milieu d'eux. Globalement ils sont prudents mais curieux et on peut les voir de très près. Là encore, j'enrage de ne pas pouvoir montrer des vidéos.
Ci-dessous, un bébé pingouin qu'on reconnait à son pelage clair et pelucheux, puis un aperçu du paysage. Les petites formes sont bien des pingouins.

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par Jean-Paul
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